Les ailes de la mémoire : un aviateur d’Eure-et-Loir pendant la Grande Guerre
Publié le 16/06/2026
Durant l’année scolaire 2025-2026, les 14 élèves de la classe de CM1/CM2 de l’école publique rurale de Soizé (commune d’Authon-du-Perche), accompagnés de leur enseignant Kévin Bourdain et de leur AESH Léa Lemoine, se sont engagés dans la réalisation d’un projet mémoriel d’envergure. Inscrite dans le cadre du concours « Les Petits Artistes de la Mémoire » et concourant pour le Prix national de la mémoire et du civisme André Maginot, cette initiative a permis de mobiliser une classe autour d’une démarche pédagogique alliant histoire, enseignement moral et civique, français et arts plastiques.
Un ancrage local fort : le destin de Paul Feugère des Forts
Pour donner du sens à cette période complexe, la classe a fait le choix de s’éloigner des simples dates pour s’intéresser à l’expérience humaine. Ils ont ainsi reconstitué le parcours d’un poilu originaire de leur secteur (Nonvilliers-Grandhoux) : Paul Feugère des Forts, un jeune homme né en 1894. Engagé au début de la guerre dans l’infanterie, il a par la suite réalisé son rêve de rejoindre l’aviation militaire, un choix qui résonne avec l’histoire aéronautique du département d’Eure-et-Loir.
Une démarche pédagogique active et riche en rencontres
Afin de construire ce récit et de nourrir leur imaginaire, les élèves ont vécu l’histoire hors les murs à travers de nombreuses actions :
- Engagement citoyen : Le véritable point de départ a été la commémoration du 11 novembre, avec l’organisation d’une collecte pour le Bleuet de France et la création d’une œuvre plastique collective pour célébrer son centenaire.
- Recherches historiques : Encadrés par une archiviste, les élèves ont manipulé des documents d’époque aux archives départementales d’Eure-et-Loir. Ils ont également découvert le métier d’archéo-anthropologue avec une professionnelle de l’ONaCVG et ont vécu une immersion dans une salle de classe de 1916 au musée de l’école de Chartres.
- Ouverture culturelle et liens intergénérationnels : Le projet a été nourri par la visite du pilote de chasse Virgile Thorembey (créant un pont entre l’aviation d’hier et d’aujourd’hui), par l’intervention de l’auteur Michel Merckel, et couronné par une visite du musée de la Grande Guerre de Meaux.
La production finale : un carnet de guerre fictif
L’aboutissement de ces longs mois de recherche est la création d’un carnet de guerre fictif et sensible. Rédigé à plusieurs mains avec le soutien du RASED pour l’enrichissement du vocabulaire, le carnet explore les émotions du soldat : la peur, le courage, l’espoir.
Accompagnés par l’illustrateur Pierre Frampas, les élèves ont donné vie à ce carnet grâce à des techniques professionnelles de dessin. L’immersion est allée jusqu’à la création d’objets de mémoire concrets : du papier vieilli, des maquettes d’avions (qui ont même inspiré les élèves de CE1/CE2), ainsi que des petites poupées porte-bonheur en laine « Nénette et Rintintin » fabriquées avec l’aide des grands-parents.
Une aventure humaine
Ce projet dépasse largement le cadre scolaire : il a favorisé l’empathie, le travail coopératif et l’expression orale. À travers ce carnet, dont des exemplaires ont été proposés à la vente, les élèves transmettent aujourd’hui un message civique simple et essentiel de réconciliation et de paix : ne jamais oublier.





